Les femmes doivent avancer sans obligatoirement se mettre nu

l’ennemi des femmes entreprenantes

« Les femmes ont toujours le dessus à cause de leurs dessous » dit le proverbe Ivoirien de la rue ! Ce dicton traduit très bien la réalité du droit de cuissage en Côte d’Ivoire et le présente comme le sésame de la jeune fille désireuse de réussir dans la vie.

Un fléau visible à tous les niveaux

Le droit de cuissage trouve son essence depuis l’époque féodale où les seigneurs médiévaux, en monarque absolu de droit divin, se réservaient le privilège de passer la première nuit de noce avec l’épouse de l’un de leurs subordonnés. De cette définition il ne reste plus vraiment grande chose dans la forme mais dans le fond le droit de cuissage n’a rien perdu en plein 21ème siècle de son caractère ‘’prendre de force’’ ou ‘’s’approprier selon une règle non écrite’’. Aujourd’hui encore les femmes sont au cœur de cette pratique complètement banalisée par la société et qui pourtant les déshumanise. Ce fléau est visible à tous les niveaux de l’évolution de la femme et pour Docteur Kane-Kone, femme leader, « il ne faut pas voir le droit de cuissage en premier lieu comme l’ennemi de la femme entreprenante mais plutôt comme l’ennemi de la femme tout court ». Ayant menée des études dans les milieux scolaires avec le soutien de plusieurs ONG elle nous explique qu’il serait bien difficile de trouver aujourd’hui une femme qui dans son parcours n’a pas eu de propositions indécentes. La preuve, déjà dans des écoles primaires et secondaires, des jeunes filles et même des fillettes ont avoué avoir déjà eu des rapports avec des enseignants. « Je dois vous avouer que nos enfants parlent de sexualité avec une aisance qui vous surprend le plus souvent. Dans les milieux scolaires il nous a été donné d’entendre l’expression NST pour Notes Sexuellement Transmissibles. La fille doit coucher avec le professeur si elle veut de bonnes notes. Celles qui refusent subissent la colère du professeur qui si l’on s’en tient à la définition de base du droit de cuissage est ici ‘’le seigneur’’ de la classe » déclare Docteur Koné. Une fois le cap de l’école passé et pour celles qui peuvent décrocher au final leurs diplômes sans se compromettre, il y a l’entrée dans l’univers du travail. Là aussi le ‘’jupon tombé’’ semble être le sésame de la femme. Pour avoir un stage il faut batailler fort auprès du Directeur  des Ressources Humaines. Si la jeune fille cède à ses avances elle devra à l’avenir s’acquitter d’une autre dette pour intégrer l’entreprise : devenir la maitresse du Directeur Général. A ce rythme il est fort probable qu’une femme dans une entreprise devienne la ‘’couchette’’ de tous ses supérieurs ! Il en est de même pour les concours, les examens de fin d’année, la validation des thèses…Là où les hommes ont une parcelle de pouvoir, il exige une contrepartie pour aider la femme à avancer.

« Difficile mais pas impossible de lutter contre ce fléau »

Le droit de cuissage un fléau contre lequel les autorités luttent depuis plusieurs années mais il continue d’être la monnaie officielle dans les milieux de l’éducation notamment, de l’emploi et des affaires. « En tant que femme je trouve que cette pratique est dégradante » affirme Elisabeth Kouadio cadre dans une entreprise informatique. « Nous avons nos diplômes, notre savoir et nous devons avoir à ce titre les mêmes chances que les hommes sans être obligé de nous mettre nu devant nos patrons. Les mentalités doivent évoluer ! » Oui les mentalités doivent évoluer aussi bien chez les hommes que chez la femme. « A mes sœurs je voudrais tout simplement dire d’éviter de provoquer les hommes. Nous savons déjà qu’ils n’attendent que ‘’ça’’ ! Alors soyons forte et acceptons de dire non pour qu’ils nous respectent encore plus. Quand ils trouveront en face d’eux des femmes dignes qui refusent cette pratique ils vont arrêter de nous tripoter » affirme Lou Christine secrétaire. Dire non c’est possible mais difficile et Docteur Koné nous explique pourquoi. « Aucune femme n’a envie de payer ce droit de cuissage pour avancer mais le plus souvent elles se retrouvent dos au mur. Quand vous venez d’un milieu social défavorisé, quand vous êtes une fille démunie, quand vos parents n’ont rien et que quelqu’un vous fait une proposition alléchante quand bien même déplacés pour vous tirer de vos problèmes, il est souvent difficile de dire non ». Alors pour mettre fin au droit de cuissage et au harcèlement sexuel de façon générale, la société dans son entièreté doit s’engager et cela passe avant tout par des étapes indispensables. Docteur Koné nous livre son plan pour bouter ce fléau hors de la société Ivoirienne. « La première étape passe par l’éducation de la jeune fille. Depuis l’école elle doit comprendre que tout s’obtient par le travail et non par le droit de cuissage. Elle doit apprendre à mieux s’habiller pour ne pas aiguiser l’appétit sexuel des ses professeurs et du personnel enseignant. Le professeur doit lui aussi être un exemple pour la jeune fille : il doit donner un sens aux valeurs qu’il enseigne en se comportant bien. Le personnel d’encadrement doit éviter de prendre fait et cause pour l’enseignant en cas de litige mais plutôt créer un cadre d’écoute pour les filles victimes de harcèlement ». L’école étant le microcosme de la société, il est clair qu’une jeune fille bien éduquée à la base est une femme forte demain. Bien sûr l’autorité se réserve le droit de punir les brebis galeuses. De lourdes peines d’emprisonnement sont prévues pour ceux qui continuent de harceler les jeunes filles et même de les violenter.

SUY Kahofi

Esther la mécanicienne du Plateau

Esther au travail

Si certaines jeunes filles qui ne vont plus à l’école rêvent de faire du commerce, la coiffure ou la couture, Esther décide de se lancer dans la mécanique. Voici donc une jeune fille dans un univers fait à l’origine (pour certains) pour les hommes et cela lui réussit bien !

Se salir pour gagner sa vie

Comme la  majorité des jeunes filles qui naissent en milieu urbain, LOHOUNE Esther Didi a eu la chance d’aller à l’école et aurait bien voulu faire de longues études. Hélas ! Les difficultés de l’existence humaine qui ne préviennent jamais avant de s’inviter dans nos vies l’obligent à renoncer à ce rêve. En effet Esther est en classe de Seconde Scientifique quand son père, un agent de la Télévision Nationale, rend sa démission et s’exile en Europe. Plus jamais il ne donnera de ces nouvelles à sa famille ! Esther voyant sa mère souffrir toute seule pour prendre soin de la famille renonce à ses études pour épauler sa mère. « Ma maman s’est mise à me chercher du travail mais personnellement je ne voulais pas faire les métiers qu’on disait tout fait pour les filles. La coiffure et la couture ne m’intéressaient pas alors je me demandais que faire ? » s’interroge la jeune fille. A cette question, la mère d’Esther trouvera très vite une réponse. Toute jeune elle rêvait de devenir mécanicienne et à défaut d’avoir pu réaliser ce rêve, c’est sa fille qui le fera. Esther nous raconte son arrivée à la mécanique « Ma mère m’a mise devant le fait accompli je dois dire. Un jour lors d’une balade à Treichville (Abidjan-sud) elle me fait passer devant un garage et m’indique une jeune mécanicienne en me posant la question : ‘’Que vois-tu ?’’ Et moi de lui répondre ‘’Je vois une fille en train de se salir’’ (rires) Ma mère insiste et me demande si je n’ai pas envie de faire ce métier. Comme toute réponse j’ai gardé le silence. Le lendemain autour de 5 heures du matin elle est venue me réveiller avec la même question et je lui ai dis ceci : ‘’Maman dans la vie tout s’apprend’’ ». Marché conclu entre la mère et la fille peut-on dire. Esther aura désormais pour univers le garage, le bruit des voitures et les petites moqueries des hommes !

« Il ne suffit pas d’être un homme pour être un bon mécanicien »

L’apprentissage ne fut pas facile ! « Dès le premier jour j’ai trouvé la caisse à outils si lourde que je me demandais si je n’allais pas déserter le garage ! (rires) » nous explique Esther. « Mon jeune patron (instructeur) a même parié que j’allais fuir comme toutes les jeunes filles qui s’étaient aventurées dans la mécanique. Nous avons fait un pari et je crois qu’aujourd’hui je l’ai remporté ! ». A force de courage et d’abnégation elle apprend son métier pendant sept ans avec une seule conviction : rien ne dit que la mécanique ne réussit qu’aux hommes. Elle n’a touché aucune rémunération durant son apprentissage : elle n’avait qu’une prime de transport pour rallier chaque jour le garage. Aujourd’hui, forte de son expérience c’est elle qui enseigne les rouages du métier aux étudiants sortis des centres techniques ! Elle regrette que ces derniers sortent des centres de formation avec des connaissances théoriques et vraiment rien côté pratique. Pour Esther le bon mécanicien est celui qui ne se presse pas dans le travail, qui prend son temps pour vérifier pièces par pièces en vue de trouver la panne et la réparer.

« Les femmes refusent que je touche leurs voitures »

La discrimination Esther la vit au quotidien. Les hommes ont tendance à la minimiser mais au final ils se rendent compte qu’elle maitrise son métier. « Un matin, un monsieur débarque avec sa voiture et demande à mon patron un bon mécanicien. Il me désigne et l’homme de dire : ‘’si c’est cette gamine qui doit toucher ma voiture je vais ailleurs’’. Le chef d’atelier insiste et il s’approche de moi pour m’expliquer son problème. Je fais le diagnostic de son véhicule et il veut me remettre les clés de sa voiture alors je lui dis : ‘’attendez que les grands mécaniciens arrivent pour réparer votre voiture’’ (rires) » nous raconte Esther. Finalement l’homme s’excusera en précisant qu’il a été vraiment surpris de voir une femme mécanicienne. Dans cette discrimination quasi quotidienne se sont les femmes qui s’illustrent d’une drôle de manière. Esther nous dira sans hésiter que se sont les femmes qui créent la véritable discrimination en refusant « qu’une autre femme s’occupe de leurs véhicules ». « Je suis choquée de voir des femmes avocates, juges, cadres de banque, ingénieurs, maires ou députés dire sans le cacher qu’elles préfèrent que les hommes s’occupent de leurs voitures. Comment voulez-vous que les hommes nous respectent quand nous même nous ne nous faisons pas confiance ? » s’interroge Esther. Pour elle sans le dire directement ces femmes sont en train de soutenir que seul les hommes doivent travailler !     

Bien dans la tête et la peau

La mécanique n’est pas synonyme de saleté et Esther le montre très bien. En plus d’être belle elle s’entretien au quotidien. Un homme qui la verrait couverte de graisse ne lui dira certainement pas bonjour mais attendez qu’elle sorte de sa combinaison bleu pour sa robe de sortie ! A la voir toute ravissante et endimanchée, on se dirait qu’elle aurait pu être l’épouse d’un de ces gourous qui arrivent au garage en grosse cylindrée et dormir du matin au soir sans rien faire. Une vie facile pour une battante ? Jamais car avec Esther « il faut se battre pour mériter le respect des autres ».

SUY Kahofi

La Côte d’Ivoire ne se sent pas prête à porter une femme à la magistrature suprême?

obles.jpgL’élection présidentielle d’octobre 2010 en Côte d’Ivoire vient de s’achever du moins pour le premier tour. Sur les 14 candidats en lice une femme est venue en découdre avec les hommes. Après une campagne dans tout le pays, l’ex garde des sceaux Jacqueline Lohoues Obles est arrivée à la fin de la course avec moins d’un pour cent du suffrage dans une élection présidentielle qualifiée d’historique par les observateurs. Après le Libéria, la Côte d’Ivoire aurait pu avoir sa présidente mais l’électorat en a décidé autrement. Pourquoi les femmes qui représentent un peu plus de la moitié de la population Ivoirienne n’ont t’elles pas permis à leur sœur de prendre le chemin du palais présidentiel ? L’électorat Ivoirien est-il aussi machiste ? Les avis sur une femme présidente de la république divergent d’un Ivoirien à l’autre.

Son programme de gouvernement est réaliste et son expérience en tant que personne habilité à diriger ne font pas de doute. En effet Jaqueline Lohoues Obles mère de famille et femme politique engagée a été sous le Président HOUPHET BOIGNY, Ministre de la justice, garde des sceaux, puis député, Conseiller principal du Prémier Ministre chargé du programme de sortie de crise et présidente du REFAMP/CI. Malgré cette expérience Mme Obles comme la plupart des femmes qui s’engagent en politique souffrent du manque de reconnaissance de leurs paires à cause du complexe des genres. Nombreux sont les Ivoiriens qui sont convaincus que la femme Ivoirienne n’a pas encore l’ossature pour diriger tout un pays. « A plusieurs reprises nous avons vu des femmes député à l’hémicycle tenir des propos digne d’une bagarre de ménage » soutien Calix Yapo avant de conclure « il faut un peu plus de maturité chez les Ivoirienne pour choisir une femme ». Le son de cloche n’est pas différent chez les femmes ! A notre grande surprise leur choix de ne pas voter pour une femme s’explique par le fait que «  la femme est trop tendre ou trop autoritaire souvent » pour être une bonne gouvernante. « Les femmes sont très sensibles or le milieu de la politique est un milieu de loup où il y a des coups bas. Si une femme veut vraiment diriger elle risque de tout laisser de nouveau entre les mains des hommes ou au pire changer radicalement et devenir une Dame de fer et paralyser le pays » soutien Colette Ahoussi. Un autre argument et non des moindres, c’est que de nombreuses femmes ont un choix lié à la volonté de leurs époux. Celles-ci sont majoritairement illettrées et ne sont pas économiquement indépendante. « On l’aime bien mais mon mari m’a demandé de voter son candidat » soutien Prisca Kouadio jeune commerçante.

La Côte d’Ivoire ne se sent visiblement pas prête à porter une femme à la magistrature suprême ou peut être bien que chacun attend que la femme Ivoirienne atteigne un certains niveau dans sa manière d’être pour lui confier le pays.

Suy Kahofi

A la rencontre de Tchei Carine, Présidente de l’AUC handi-sport

Carine Tchei présidente de l’AUC handi-sport

Du haut de ses 26 ans, Tchei Carine peut être fière de son combat et de la confiance que lui portent ses paires. Cette jeune étudiante en Licence de gestion est la Présidente du club handi-sport de l’Abidjan Université Club (AUC). Ce club regroupe quatre disciplines clés à savoir le basket-ball, la natation, le lancé de poids et de javelot.

A la tête de cette section depuis quatre ans, elle livre avec ses amis un combat pour la revalorisation du sport universitaire mais surtout pour une meilleure prise en charge des athlètes handicapés.

Nous sommes samedi soir sur l’un des terrains de basket-ball du campus universitaire de Cocody. La balle passe d’un joueur à l’autre avec une certaine rapidité et le bruit des chaises roulante et des cris d’encouragement est constant. Assise au bord du terrain Tchei Carine regardent ses athlètes s’entrainer pendant plusieurs heures. Ils sont tous étudiants et pratiquent le sport par passion. Ils ont décidé de surmonter leur handicap pour participer à la vie sportive de l’AUC, leur club. « Ils n’ont pas de salaires ou même de primes. S’ils sont aussi enthousiastes, c’est parce qu’ils aiment le sport », soutient Carine.

Son combat c’est de pouvoir trouver des sponsors pour soutenir le handi-sport. Elle se bat aussi pour que les jeunes filles handicapées s’intéressent au sport. « Les hommes viennent au sport mais les femmes c’est une autre paire de manche. Elle me dise que la pratique du sport risque de les déformer : je pense que ce n’est pas vrai», estime la jeune fille. Elle soutient que la Côte d’Ivoire n’est pas représentée valablement par les femmes dans certaines disciplines et qu’il faut sensibiliser les jeunes filles handicapées à la pratique du sport.

A 26 ans, elle peut être fière d’avoir choisi « sport et étude ». Elle voyage grâce au sport et surtout représente dignement son pays. 2 médailles d’or aux Jeux Africainx pour l’avenir des personnes handicapées au Niger, une médaille de bronze en Égypte et surtout un record en haltérophilie avec 82 kilo et demi.

Au-delà de sa licence en gestion qu’elle prépare et du sport qu’elle pratique, Carine est une jeune fille comme les autres avec un amoureux et des rêves. A propos de rêve, elle veut créer une vraie équipe féminine de basket-ball à l’AUC et surtout la faire évoluer au plan national. Malgré le poids des études elle n’entend pas abandonner le sport…

Suy Kahofi

Fistule obstétricale : les femmes de la honte, pourquoi elles sont rejetées ?

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Dans nos hameaux les plus reculés, elles appartiennent à un club de rejetées. Aucun homme ne voudra d’elle c’est sûr ! Leur réputation de femme empestant l’urine et les excréments les précède. Elles n’ont jamais voulu être des victimes de cette maladie qui les emprisonne dans les cases mais hélas ! Les femmes de la honte exclues des cercles de danse et de réjouissance sont victimes fistule obstétricale, une maladie mal connu des masses et qui fait souffrir un nombre important de femmes. Dans nos quartiers et villages elles portent des noms que beaucoup ont déjà entendus : ‘’femme sans frein’’, ningin nin mousso (femme qui urine au lit en malinké)… Fistule obstétricale, vous avez certainement déjà entendu ce mot ou plutôt vous connaissez probablement cette maladie dont les causes sont des pratiques que les ONG de protection de la femme combattent chaque jour.

La fistule obstétricale c’est quoi ?

La fistule est un problème mondial, mais elle est surtout commune en Afrique où les cas de femmes atteintes sont légions. Elle survient d’ordinaire pendant un accouchement prolongé, quand une femme n’obtient pas la césarienne qui serait nécessaire. La fistule obstétricale est la constitution d’une communication anormale (une fistule) entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre la vessie et le rectum (fistule vésico-rectale) survenant à la suite d’une grossesse compliquée. En des termes plus simples, la fistule obstétricale est le résultat de la rupture d’un nombre important de tissus entre la vessie et le vagin ou vessie et le rectum. Les mariages précoces sont d’une manière à l’origine de ce mal car qui dit mariage précoce parle aussi de grossesses et accouchements précoces. Un développement insuffisant du bassin de la jeune fille ne permettant pas le passage aisé du nouveau-né, l’accouchement laisse des séquelles graves.

Les conséquences

Les femmes atteintes de fistule obstétricale restent rarement sèche, elles dégagent une mauvaise odeur due à la présence d’urine et/ou de selles dans leurs vêtements. Elles sont souvent rejetées par leur époux ou leur partenaire, évitées par leur communauté et blâmées de leur état. Les femmes non soignées non seulement peuvent s’attendre à une vie de honte et d’isolement, mais risquent aussi de connaître une mort lente et prématurée pour cause d’infection et d’insuffisance rénale.

Le traitement

Vue précocement, la mise en place d’un cathéter dans la vessie permet de diminuer la pression sur les tissus et d’obtenir un certain nombre de fermetures spontanés des fistules. En cas d’échec de cette méthode ou si la patiente est vue tardivement, seule une réparation chirurgicale est possible. Même en cas de succès de la fermeture, une incontinence peut subsister, par lésion des sphincters de la vessie, dont le traitement reste complexe et aléatoire.

Que faire pour prévenir ce mal ?

La fistule obstétricale, le plus dur c’est de pouvoir se confier à quelqu’un. Aussi dans votre entourage, si vous connaissez une femme de qui ‘’on dit qu’elle fait pipi au lit’’ établissez le contact car vous pouvez la sauver ! Rien ne sera facile mais vous ne perdez rien à essayer parce que quelque part un parent à vous ou une de vos connaissances peut en souffrir. S’engager à lutter contre les mariages précoces c’est aussi faire front à cette maladie. En retardant les premiers accouchements, les femmes ont plus de chance d’atteindre leur maturité pour pouvoir mettre au monde des enfants bien portants et elles aussi préserver leur être. La fin de la stigmatisation de la fistule pourra aussi permettre aux femmes d’en parler autour d’elles. A ce niveau les leaders d’opinion et responsable des structures étatiques pourront mettre un accent sur les campagnes de proximité. Afin le traitement préventif le plus efficace reste l’amélioration des conditions socio-économiques permettant une prise en charge médicale correcte des accouchements difficiles.

Suy Kahofi

Retrouvez via ce lien un reportage de
la VOA sur le sujet

http://www.youtube.com/v/WDabJamj_mY

Akambi Sakiatou : Une passion, la natation !

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Du haut de ces 1 m 65 pour 20 ans, Akambi Sakiatou est nageuse. Elève en classe de Première D, c’est en 1995 qu’elle commence à tutoyer les bassins de la capitale Ivoirienne. Si certaines de ses copines se passionne pour le foot, le basket ou le hand-ball, elle trouve que la nation est le sport qui lui va bien ! C’est au sein de l’AUC (section natation) qu’elle évolue précisément dans la catégorie des minimes. Elle tient à préciser que c’est avant tout par passion qu’elle nage. En effet en Côte d’Ivoire vu le niveau du championnat, il est difficile de dire que les nageurs ont un statut de professionnel. Les primes manquent et les sponsors se font rares. Loin d’être découragé par cet état des choses, elle croit dur comme fer à son rêve, celui de devenir professionnel dans ce sport. « J’espère un jour bénéficier d’une bourse pour me perfectionner à l’étranger ou simplement intégrer un grand club européen ou américain. La natation est un beau sport mais cela ne suffit pour attirer les jeunes : il faut que la nation face vivre les nageurs » souligne Sakiatou. Au quotidien elle s’inspire de son idole Laura Manoudo et de son instructeur Atta Claver premier responsable de la section natation de l’AUC (Abidjan Université Club). Elle dit apprécier l’esprit de combativité de la nageuse française et la rigueur de son instructeur. « Je pense que ceux qui ont la passion d’enseigner ce qu’il connaissent aux autres n’aiment pas voir leurs efforts sans résultats. Mon instructeur n’est pas méchant mais sévère : voici ce que beaucoup de sportif ne comprennent pas. C’est par amour qu’il nous presse par le travail ! » soutient la nageuse.

A propos du développement de la natation en Côte d’Ivoire elle invite les autorités Ivoiriennes à construire un peu plus de bassin pour permettre aux jeunes des milieux défavorisés de pouvoir découvrir ce sport et le pratiquer. La natation ne doit plus être un sport réservé à des jeunes de milieux aisés mais un sport qui permettra à
la Côte d’Ivoire d’avoir des médailles à des rendez-vous internationaux comme les JO.

Deux voix du Hip-hop pour changer l’image d’un art musical

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Amina Norman Hawkins transfuge du groupe Initiative Chicago et Angela ‘’Ang 13’’ Zone sont deux voix du Hip-hop de Chicago qui ont décidé de changer l’image de cette musique dite violente en faisant la promotion d’un hip-hop nouveau. Leur objectif en tant que femme est de promouvoir les droits humains et civiques par le canal de cette musique. De passage en Côte d’Ivoire à Abidjan pour une tournée en faveur des jeunes, elles ont voulu partager avec nous leur vision du hip-hop pour un monde nouveau.

Madame Amina Norman-Hawkins est née aux Etats-Unis puis elle est allée au Nigeria, lieu de naissance de son père, à sept ans. Madame Norman-Hawkins est ensuite retournée à Chicago après les études secondaires, puis elle a intégré son premier groupe hip-hop six mois plus tard. Depuis lors, sa carrière dans le hip-hop ne s’est pas interrompue. Mme Amina Norman Hawkins épouse du célèbre Dj Coolout Hawkins, est une figure emblématique du hip-hop à Chicago. Grâce à son combat pour positiver l’esprit du hip-hop elle a permis aux autorités de sa ville d’épouser cet art musical au point que la ville a décrété le mois de Juillet ‘’mois du hip-hop’’ à Chicago. Chicago est donc la seule ville aux USA qui dédit un mois de célébration au hip-hop. Angela “Ang 13” Zone fait du hip-hop depuis l’âge de 13 ans. Elle est à la fois artiste graffiti, hip-hop,  break danse et rappeuse accomplice. Madame Zone est également présentatrice et productrice. Désignée par le Chicago Tribune comme la “reine actuelle du Hip hop”, la musique de Madame Zone a été utilisée dans un large évantail de projets, tels que le CD mixé de Nike, la bande mixée de Sprite, sur Chicago Rocks et aux jeux qui ont opposé Chicago à New York.Ces deux voix ont un combat en commun : faire du hip-hop un moyen de changer la jeunesse. « Je suis né et j’ai grandi dans un univers fait de violence, de drogue et de prostitution. Si je n’avais pas ‘’croisé’’ le hip-hop un triste matin dans mon ghetto, je n’aurais sans doute pas échappé à cette violence et je ne serais certainement pas devant vous » souligne Ang 13. A l’origine, le hip-hop sert à libérer des messages de conscientisation vers les jeunes malheureusement certaines firmes du disque ont commencé à soutenir et promouvoir une autre image du hip-hop faite de violence, du non respect des droits de l’homme et de sexe. « La violence n’est pas le hip-hop, en tout cas le vrai hip-hop ! Je me bats par mes chansons pour que les gens connaissent leur droits, pour que les jeunes des quartiers défavorisés soit moins violent et plus ambitieux » soutien Mme Hawkins. Le hip-hop positif commence à avoir une audience de plus en plus grande aux USA si bien qu’aujourd’hui les églises ouvrent leurs portes à cet art pour faire passer des messages aux jeunes. La route pour changer l’image du hip-hop est longue et parsemée d’embuches mais nos deux chanteuses croient en leur idéal celui de ramener le hip-hop à ses origines de musique positive. A chaque fois qu’elles le peuvent elles produisent des chansons et animent des conférences pour promouvoir des actions comme le droit de vote, la non-violence, la socialisation des jeunes et leur participation aux actions communautaires.

Suy Kahofi         

Les toilettes publiques peuvent être une zone à risque

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L’utilisation quotidienne ou même occasionnelle des toilettes publiques peut être à l’origine d’infection urinaire ou même de IST. Ces infections prises au bureau ou dans un espace public ont été à mainte reprise l’objet de querelles violentes dans certains couples et même de séparation ; monsieur ou madame refusant une quelconque explication se cantonne à la théorie toute trouvée de l’infidélité. Les femmes sont souvent victimes de cette injustice qui est plus un refus de comprendre des hommes. La rédaction de cet article s’est faite sur la base de témoignages de femmes ayant soufferts d’une infection urinaire. Le corps de la femme étant fragile, il est important pour nous de passer quelques petits tuyaux aux sœurs et mères pour qu’elles puissent se protéger.Soro Nabitou est graphiste en chef pour le compte d’une agence de publicité. Sans complexe elle nous montre une sonde urinaire qu’elle a dû porter pendant 2 mois à cause d’une maladie chopée dans les toilettes du bureau. « Ce que je croyais être une simple perturbation de mes menstrues était en faite une forme de syphilis que je développais. Les douleurs au bas ventre et la mauvaise odeur que je dégageais m’ont poussé à me rendre chez un médecin et là on a découvert mon mal ». Pour connaitre les origines de son mal son homme a été invité à l’accompagner à l’hôpital pour les tests d’usage. « Lui annoncer n’a pas été chose facile ! Il ne l’a pas pris en mal si je m’en tiens à sa réaction. Peut être bien qu’il pensait autre chose dans son cœur : je ne sais pas ». L’époux n’avait rien et au fil des explications les toilettes ont été reconnues comme la source de cette infection. « Revenant d’une soirée bien arrosée avec mon petit ami, je me suis arrêtée au détour d’une ruelle obscure pour faire pipi ! J’étais loin de m’imaginer qu’avant moi certaines personnes sont passées par là. Les choses n’ont pas tardées à se déclencher. Malgré mes explications, mon petit ami n’a rien voulu comprendre et a prit ses distances. Je n’avais rien à me reprocher : je me suis fait traiter et aujourd’hui ça va ! » souligne Grah Blandine. Ainsi nombreuses sont les femmes qui par inadvertance se retrouvent victimes d’infections urinaires et autres IST. Ainsi au quotidien pour éviter ce type de surprises désagréables, il convient d’observer quelques petites règles d’hygiène. Ayant toujours en votre possession un désinfectant à base de javel. Avant de faire vos besoins rependez-le sur le bidet et patientez 2 minutes. Si vous urinez constamment prenez le soin de vous munir de poches urinaires jetables. Pouvant contenir jusqu’à 800 ml d’urine, elles sont pratiques (système anti-fuite), discrètes (peuvent être rangés partout) et vous protège des risques d’infection. En cas d’infection (urinaires ou IST), évitez tous rapports sexuels et contactez un gynécologue ou votre médecin.

Suy Kahofi

Mes jus : mon entreprise !

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Elles ont entre 25 et 55 ans. Elles partagent une même activité la commercialisation des jus en sachet. Jus de bissap, de gingembre, d’orange, lait à la menthe et j’en passe. Grâce à leur commerce, elles nourrissent leurs familles respectives et réalisent leurs projets.N’dri Yah Marceline vient de souffler ses 28 bougies et cela fait 4 ans qu’elle vit de la vente de jus. Elle a démarré son activité avec la somme de 5000 f CFA. « J’ai abandonné l’école à cause d’une grossesse que j’ai contractée en classe de première. Mon père n’était plus prêt à me scolariser. J’ai donc choisi de vendre des jus ! Mon fond de commerce vient de ma mère » souligne t’elle. Grâce à ce commerce dans les rues d’Abidjan elle a pu réunir l’argent pour financer des cours du soir et passer son BAC. Malgré le fait qu’elle sera bientôt institutrice adjointe dans un village de la Côte d’Ivoire, elle n’attend pas arrêter cette activité. « A mes débuts de vendais seul mais aujourd’hui j’ai avec moi 4 jeunes filles. Elles m’aident à préparer les jus et à les vendre : c’est donc une PME que j’ai. Si j’arrête ces jeunes filles se retrouveront sans emploi ».

A l’image de Marceline, Mme Kouamé Brigitte vend des jus en sachet sur les marchés d’Abidjan. « Lorsque je me suis marié je n’exerçais aucune activité car mon homme est allé me chercher au village où j’aidais mes parents dans les travaux champêtres. A Abidjan j’ai vu que les femmes (pour certaines) ne se tordaient pas le pouce en longueur de journée mais avaient des activités. J’ai voulu faire un magasin de vente de pagne mais au dernier moment j’ai opté pour les jus ». Au début son mari a eu du mal à la comprendre mais aujourd’hui il sait que sa femme a réussit son pari. Mme Kouamé possède cinq congélateurs qui sont entreposé dans une grande salle. Au fil de la journée des jeunes gens à vélo viennent remplir leurs glacières et retournent dans les rues de la capitale.Le secret de leur réussite, ces deux Dames le doivent à leur persévérance et l’amour de ce commerce. « Souvent lorsque vous regardez vos bénéfices vous avez envie de tout arrêter tellement les chiffres sont insignifiants mais à ce moment vous devez vous dire qu’il faut persévérer » affirme Marceline. Les petites astuces pour faire les bons jus diffèrent d’une femme à l’autre mais la propreté et l’hygiène des ustensiles dans la préparation et le conditionnement des jus est très important. Mme Kouamé nous dira tout simplement que la meilleure manière de réussir dans ce milieu c’est de faire des jus pour la vente comme si on le faisait pour nous même.

Suy Kahofi

Une femme de conviction engagée contre le SIDA

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Chaque année qui passe permet au SIDA, le mal du siècle de gagner du terrain si bien qu’à ce jour un nombre important de personnes sont infectées à travers le monde. Au cœur de cette triste vie qu’est celle des malades, des bonnes volontés se sont regroupées au sein d’Organisation Non Gouvernementale pour apporter un peu de lumière et de bien être à ces malades. Elles se sont aussi données pour mission de porter l’information de la prévention contre la maladie aux personnes saines afin de les aider à ce protéger. En Côte d’Ivoire, l’ONG Ruban Rouge Côte d’Ivoire est l’une des plus anciennes ONG de lutte contre le SIDA. Une jeune dame de cœur dirige cette organisation qui est très active. Mlle Yapi Rolande est la Directrice Exécutive de ruban rouge côte d’ivoire. L’ONG qu’elle dirige existe depuis le 1 juin 1994 et compte un peu plus de 150 bénévoles répartis sur toute l’étendu du territoire national. Ces personnes qui abattent un travail de sensibilisation sont sélectionnées sur la base d’un principe fondamental selon Mlle Yapi. « Il faut avant tout avoir de l’amour pour son prochain et surtout pour les malades car le plus grand problème avec le SIDA s’est la stigmatisation. Il faut savoir donner du réconfort à ces personnes qui sont rejetées par leurs familles ». Dans son hôpital de jour, l’ONG assure la répartition des ARV aux malades, réalise des séances de massage pour les soulager et s’occupe du suivi des mères infectées mais porteuse d’une grossesse. L’ONG distribue aussi des préservatifs, seul moyen de se protéger lors des rapports sexuels. Il est vrai que le SIDA se soigne mais ne se guérir pas hélas et pour Mlle Yapi, l’action la plus importante reste la sensibilisation. « Le SIDA est une réalité voici pourquoi l’ONG mène en priorité des actions de sensibilisation. Dans les entreprises, les lycées et collèges, les villages et les villes, Ruban Rouge ne perd pas une seule occasion de sensibiliser les masses sur le danger qui les guette ». Plusieurs partenaires soutiennent Mlle Yapi et son équipe dans leurs actions : Geneva Global, la Banque Mondiale par le PUMLS, Equilibre et population pour être court. La bibliothèque de l’ONG offre aussi une documentation de qualité à tous ceux qui la fréquentent. « La bibliothèque reçoit des élèves pour leurs exposés, des étudiants pour leurs thèses, des journalistes pour leurs émissions…Elle joue un rôle important car par ces livres, chacun s’informe et se forme pour se protéger du SIDA ». La lutte se poursuit car il faut l’engagement de tous pour faire reculer la maladie. Aux amis et parents, il faut savoir que la stigmatisation tue. Il faut soutenir les malades en leur apportant amour et réconfort. Que chacun soit informé de son statu sérologique pour se protéger et protéger les autres.   Suy Kahofi

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